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    Ce que gérer les réseaux sociaux d'entreprises nous a appris

    Après avoir accompagné des entreprises très différentes sur leurs réseaux sociaux, certaines choses nous paraissent aujourd'hui évidentes. D'autres se sont révélées beaucoup moins simples qu'elles n'en avaient l'air au départ.

    En bref : Gérer les réseaux sociaux d'entreprises très différentes nous a amenés à quelques convictions qui reviennent, quel que soit le secteur. Être présent ne suffit jamais s'il n'y a pas d'objectif clair derrière. Il n'existe pas de fréquence de publication universelle qui convienne à tout le monde. Les chiffres ont besoin d'être replacés dans leur contexte pour avoir un sens. Et la communication fonctionne toujours mieux quand elle repose sur une vraie connaissance de l'entreprise, pas sur des recettes appliquées de l'extérieur.

    Être présent n'est pas un objectif

    Beaucoup d'entreprises nous ont contactés en nous disant vouloir « être sur les réseaux sociaux », sans que cela réponde à une question précise. Or être présent n'est jamais une fin en soi. Une entreprise peut publier régulièrement, avoir des abonnés, et pourtant ne rien en tirer de concret si personne ne s'est demandé au départ ce que cette présence devait produire.

    Nous revenons systématiquement à cette question avant de commencer : à quoi cette communication doit-elle servir. Recruter, rassurer, informer, fidéliser, être visible auprès d'un type précis de client. Sans réponse claire, la présence sur les réseaux sociaux reste une activité sans direction, même quand elle est régulière et soignée.

    Il n'existe pas de fréquence parfaite

    On nous demande souvent combien de publications par semaine ou par mois sont nécessaires pour bien communiquer. Il n'y a pas de chiffre universel à donner. La régularité compte, cela reste vrai dans tous les cas, mais elle doit correspondre à ce que l'entreprise a réellement à dire et à montrer, pas à une norme théorique.

    Une fréquence trop ambitieuse par rapport à la réalité de l'entreprise produit souvent des publications répétitives ou sans intérêt, simplement pour tenir un rythme. Une fréquence trop faible par rapport à ce que l'entreprise pourrait montrer laisse passer des occasions. Le bon rythme se construit en observant l'activité réelle, pas en copiant ce que fait une autre entreprise.

    Après toutes ces années, notre métier n'est finalement pas de faire publier des entreprises. Il est de comprendre ce qu'elles ont intérêt à dire, montrer et faire connaître, puis de trouver la bonne manière de le faire.

    Le client doit rester dans la boucle

    Une agence peut piloter entièrement la publication, la création de contenu et la publicité. Mais elle a besoin de connaître les actualités et la réalité quotidienne de l'entreprise pour que ce travail garde du sens. Sans ces échanges réguliers, la communication finit par se déconnecter de ce qui se passe vraiment sur le terrain.

    Nous avons constaté que les comptes qui fonctionnent le mieux dans la durée sont ceux où l'entreprise continue de transmettre des informations, même petites : une nouvelle recrue, un changement, un événement à venir. Ce lien régulier fait souvent plus pour la qualité du contenu qu'un brief détaillé rédigé une fois par an.

    Le beau ne suffit pas

    Une publication esthétiquement réussie peut rester inutile si elle ne raconte rien de précis ou ne sert aucun objectif identifiable. Nous avons vu des visuels très soignés obtenir peu de résultats, simplement parce qu'ils ne répondaient à aucune question que se posait le public visé.

    À l'inverse, un contenu plus simple, mais qui répond à une vraie interrogation ou montre quelque chose de concret sur l'entreprise, fonctionne souvent mieux. La qualité de production reste importante, mais elle ne remplace jamais la clarté du message.

    Les chiffres ont besoin de contexte

    Un nombre de vues, de likes ou d'abonnés ne dit jamais tout à lui seul. Une publication peut avoir peu de likes et pourtant avoir généré des demandes concrètes. Une autre peut avoir beaucoup de vues sans aucun effet sur l'activité de l'entreprise. Regarder uniquement les chiffres bruts donne une impression de performance qui peut être trompeuse.

    Nous essayons toujours de relier un chiffre à ce qu'il signifie réellement pour l'entreprise concernée. Ce travail d'interprétation demande de connaître le contexte, la saison, l'actualité du moment et les objectifs fixés au départ. Sans cela, un tableau de statistiques ne permet pas de savoir si la communication avance dans la bonne direction.

    Toutes les plateformes ne sont pas faites pour tout le monde

    Facebook n'est pas mort pour toutes les entreprises, TikTok n'est pas indispensable à toutes, LinkedIn n'est pas réservé aux grands groupes. Nous avons vu des idées reçues sur les plateformes conduire des entreprises à investir du temps et du budget sur un réseau qui ne correspondait pas à leur public.

    Le choix d'une plateforme devrait toujours partir de la question suivante : où se trouve réellement le public que l'entreprise cherche à atteindre, et pas de la question de savoir quelle plateforme est en ce moment la plus commentée dans la presse ou sur les réseaux eux-mêmes.

    Une trend n'est jamais obligatoire

    Suivre une tendance peut fonctionner, mais seulement quand elle correspond à l'entreprise et qu'elle est reprise rapidement, avant qu'elle ne soit dépassée. Nous avons vu des entreprises se forcer à suivre des tendances qui ne leur correspondaient pas, avec des résultats décevants et un temps de production qui aurait pu servir à autre chose.

    La veille reste utile pour repérer les occasions pertinentes. Mais elle doit s'accompagner d'un vrai filtre : est-ce que cette tendance dit quelque chose de nous, ou est-ce que nous l'utilisons uniquement parce qu'elle est populaire en ce moment.

    Montrer le réel reste extrêmement puissant

    Les équipes, les lieux, les produits, les gestes de métier suscitent en général plus d'intérêt que des contenus trop travaillés ou trop génériques. Nous l'avons observé à de nombreuses reprises, dans des secteurs très différents : montrer concrètement ce qui se passe dans une entreprise crée souvent plus de proximité qu'un message purement promotionnel.

    Cela ne veut pas dire qu'il faut tout montrer sans réflexion. Mais partir du réel de l'entreprise, plutôt que de chercher à l'habiller artificiellement, reste une des approches les plus fiables que nous ayons constatées.

    La communication fonctionne mieux quand on connaît vraiment l'entreprise

    Ce que ces années nous ont surtout appris, c'est que la qualité d'une communication social media dépend moins des outils utilisés que de la connaissance réelle de l'entreprise accompagnée. Les échanges réguliers, les visites sur place, les conversations avec les équipes, comptent souvent plus que n'importe quelle méthode standardisée.

    Après toutes ces années, notre métier n'est finalement pas de faire publier des entreprises. Il est de comprendre ce qu'elles ont intérêt à dire, montrer et faire connaître, puis de trouver la bonne manière de le faire.

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